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ce blog est alimenté par étienne fillol (92, hauts-de-seine), sauf billets indiquant une mention contraire

lun
24
avr ' 06

Sécurité routière #2


A la suite du billet d'Enzo déplorant l'extême violence de la dernière campagne TV de sécurité routière, je me suis fendu d'un courrier à Monsieur Rémy HEITZ, délégué interministériel à la sécurité routière. Vous pouvez le lire ici.

Je ne manquerai pas, si l'intéressé en est d'accord, de diffuser sur ce blog la réponse de Rémy Heitz.

sam
22
avr ' 06

A l'est du lac


Semaine de vacances autour du Lac Léman (Haute-Savoie). Dans cette région hautement touristique, nombreux chantiers en cours en cette période pré-estivale : hôtels de luxe, parkings, etc. Intrigué par les horaires inhabituels de présence sur ces chantiers (ouvriers s'y activant encore à 19 heures, travail le samedi), je me suis introduit sur plusieurs d'entre eux. Sur place, des fourgonnettes immatriculées dans les pays de l'est.

« Bolkestein » ? Vous avez dit « Bolkestein » ?

jeu
20
avr ' 06

Robien soit qui mal y pense


Depuis le retrait du CPE, les commentaires vont bon train. Chacun y va de son idée, de sa proposition, de son alternative pour soutenir l'emploi. Parmi celles-ci, une seule semble emporter la majorité des avis, de la gauche à la droite, en passant par le centre, les économistes indépendants et le bon peuple : investir massivement dans la recherche et l'éducation pour favoriser l'innovation et donc la création d'emplois.

Quelle n'est donc pas ma surprise d'entendre les propos du ministre de l'éducation, Gilles de Robien, en réponse aux présidents d'universités qui se demandent qui va payer les dégâts occasionnés par les occupants-grèvistes de ces dernières semaines : « Je pense que les universités peuvent vraiment supporter ce coût-là et nous, continuer notre programme de formation des jeunes ».

Chacun a constaté pendant la crise que les présidents d'universités n'avaient pas -belle litote- soutenu activement le projet CPE. Si Robien ne manifeste pas ici son humeur à leur encontre, c'est bien imité. Le ministre doit être bien partial pour punir ainsi les fautifs. Le ministre doit penser que les universités ont des trésors de guerre pour réagir ainsi. Le ministre doit n'avoir aucun objectif pour l'enseignement supérieur.

Atterrant...

mar
18
avr ' 06

Blogo ergo sum


Il est de tradition dans la blogosphère d'arborer fièrement les statistiques de visites de son site. Toutes plus dithyrambiques les unes que les autres, elles flattent l'ego de leurs auteurs au point de leur faire penser qu'ils font l'opinion du pays à eux tout seuls ou qu'ils sont à la tête d'un courant de pensée majeure du siècle naissant. Les courbes des graphiques présentés dépassent généralement la blogosphère pour atteindre la stratosphère, la lithosphère, la magnétosphère ou toute autre couche nuageuse au-delà de laquelle on se prend pour le roi du monde sous prétexte d'avoir noirci une vingtaine de pages (HTML).

Je m'en garderai bien ici, conscient de ce que représente un blog dans le paysage médiatique, c'est à dire une opinion isolée qui n'a d'autre valeur que celle que ses lecteurs veulent bien lui donner.

Finalement, les blogs ne comptent que pris dans leur globalité. Isolément, quel que soit le nombre de visiteurs qu'ils accueillent, ils ne pèsent rien. En revanche, le phénomène des blogs politiques sur Internet, dans son ensemble, sert d'alternative aux médias traditionnels. La campagne pour le traité constitutionnel européen au printemps 2005 a montré qu'Internet était la source la plus fiable pour connaître les arguments du NON, tandis que la quasi totalité des médias audiovisuels et de presse écrite faisaient ouvertement campagne pour le OUI, quel que soit leur bord politique.

Il n'y aura ici aucune fierté personnelle à voir le nombre de visites augmenter, juste l'envie de partager des idées, susciter des commentaires, amicaux ou acerbes. Il faut éviter que le blog soit fier d'être un blog et se commente lui-même : seul son contenu importe et il s'agira de ne jamais critiquer, comme on peut le voir ailleurs, les médias traditionnels parce qu'ils ne sont pas... des blogs ! Sans TF1, Le Monde, ou CNN, un blog (politique) n'existerait pas. Le blogueur n'est pas un journaliste mais un simple commentateur et il convient qu'il ne dénonce pas la source qui alimente sa plume (AZERTY).

Cette très longue introduction étant posée, www.etiennefillol.org fête son cinquième mois d'existence et accueille maintenant une centaine de visiteurs par jour. Qu'ils en soient individuellement remerciés ici et qu'ils continuent surtout, quelle que soit leur opinion politique, à conserver un esprit critique, sans jamais tomber dans la paresse intellectuelle qui consiste à accepter tous les lieux communs de la vie publique. Tel est le but de ce blog.

Merci.

lun
17
avr ' 06

L'enfer, c'est la France.


Je suis épuisé d'entendre ces litanies sans fin sur le déclin de la France, la nullité économique et sociale dont nous serions structurellement affublés. A écouter certains élus, dirigeants ou journalistes, la France serait raciste (affaire Halimi, sondage prétendant qu'un tiers de français se déclarerait raciste, etc.), les français fuiraient à l'étranger pour éviter les charges qui pèsent sur les cadres et les entrepreneurs, les manifestations anti-CPE auraient fait de nous la risée du monde entier, la France serait frappée d'immobilisme, serait réfractaire aux réformes. J'en passe et des meilleures. Notre nullité n'aurait d'égal que notre arrogance. Nous serions le pire élève de la classe et devrions prendre exemple sur nos voisins européens où, sans exception, il ferait meilleur vivre que dans l'hexagone. Si, pour Sartre, l'enfer c'était les autres, pour la droite, l'enfer c'est la France.

Racistes ? Si l'on ne peut nier une minorité xénophobe qui s'affiche, comme sur tous les continents, qu'on me permette de penser que mon pays est au contraire accueillant, du moins jusqu'à ce jour puisque le projet « d'immigration choisie » de Sarkozy me semble, lui, à la limite du racisme. J'y reviendrai dans un autre billet, ce sujet étant à lui seul capable de monopoliser ma parole pendant de longues pages...

Les français fuient leur propre pays ? Mensonge. Les chiffres précis montrent que la France est au contraire une destination privilégiée des migrations intra-européennes. Maintenant, si Richard Cocciante préfère vivre en Irlande -après avoir essayé Monaco- pour payer des impôts dérisoires malgré des revenus colossaux, c'est son choix; mais cela me conforte dans l'idée que je suis fier de mon pays et ai plutôt honte de ces règles fiscales de la verte Irlande.

Réfractaires aux réformes ? Ne jouons pas sur les mots : Ce que la droite au pouvoir appelle « réformes », ce ne sont que régressions sociales et efforts supplémentaires ! (retraites, sécu, contrat de travail, etc.). Donc cessons de diffuser cette idée que le pays n'est pas réformable. Il n'a tout simplement pas envie de se faire berner avec des trains permanents de mesures antisociales. Cela me semble particulièrement sain.

Risibles ? Les libéraux nous ont abreuvés de ce mot pendant les manifestations et grèves anti-CPE. Nous n'avons pas du lire les mêmes journaux étrangers pendant cette période : toutes les gauches européennes, même les plus modérées, ont donné la France en exemple, l'ont érigée en symbole de la résistance au rouleau-compresseur libéral. Non, la risée du monde entier, ça a été Chirac, celui qui a promulgué une loi mais en a interdit l'application. La risée, ça a été Villepin qui s'est entêté à vouloir mettre en place un contrat spécifique pour les jeunes, dont tous les économistes, même les plus libéraux (Cf. le Financial Times pendant la crise du CPE), reconnaissaient qu'il n'aurait eu qu'un impact au mieux mineur, voire nul, sur l'emploi : dans le monde entier, la courbe du chômage des jeunes suit et a toujours suivi strictement celle du chômage global d'un pays : s'attaquer aux problèmes du chômage en morcelant les catégories est une erreur économique. Quand on double cette stratégie d'une forte régression sociale, comme dans le cas du CPE, l'erreur confine à la bêtise, l'entêtement au ridicule. J'affirme donc que les millions de manifestants de ce printemps avaient une bien plus belle et grande idée de la France que nos dirigeants, prétendument gaulliens.

Donc, la droite rêve de l'étranger où tout est plus beau que dans notre propre pays. Mais pas seulement la droite : certains à gauche cherchent systématiquement les solutions ailleurs. Ségolène Royal, en particulier, qui semble être tombée amoureuse du Danemark pour nous en rabâcher autant les oreilles à longueur d'interviews. S'il est évident que regarder ailleurs est utile, vouloir singer est une erreur. Sur le plan économique en particulier : tous les économistes le disent, ce qui fonctionne aux Pays-bas n'est pas forcément transposable en Autriche, ce qui satisfait la France peut produire des effets néfastes en Allemagne. Quant à saupoudrer avec les petits ingrédients qui semblent fonctionner un peu partout en Europe : quelle bêtise ! Une telle recette de cuisine n'a jamais produit de bons plats. Les éléments économiques d'un pays ne sont pas dissociables les uns des autres. Les causes du chômage sont très difficilement identifiables, même par les spécialistes du genre. Donc vouloir isoler une cause, c'est apporter une solution nécessairement mauvaise. Dans tous les cas, l'histoire d'un pays, ses traditions, ses structures peuvent empêcher que fonctionne une recette qui a fait ses preuves ailleurs.

Donc regarder ailleurs : oui. Piocher aveuglément chez nos voisins : non. D'autant que les hommes politiques ont un peu tendance à se contenter de comparer les courbes du chômage et constater les carences de certains (Allemagne, France, Italie). Certes, c'est indéniable : le Royaume-Uni se "débrouille" mieux que la France, le Danemark mieux que la Belgique. Mais le chômage est-il le seul élément que nous devions envisager ? Certainement pas. Ne serait-ce que parce que les protections sociales sont extraordinairement différentes d'un pays à l'autre : être au chômage en France vaut mieux que l'être au Royaume-Uni, où l'indemnisation est très faible et de courte durée, ce qui doit sans doute améliorer les chiffres statistiques, mais génère des situations sociales catastrophiques. Dire que les États-Unis ont un taux de chômage relativement faible n'est qu'une partie de l'observation que nous devons avoir : des millions de gens qui y travaillent vivent dans une extrême précarité. C'est donc plutôt ce dernier paramètre -celui de la précarité- qui doit nous permettre une comparaison entre pays. Il est trop facile de se poser en économistes froids et envisager le chômage, seul. Les États-Unis sont par exemple le royaume du travail à temps partiel pour des salaires dérisoires. Est-ce acceptable ? Ce pays peut-il se targuer, dans ces conditions, d'avoir un taux de chômage relativement bas ? Sur le plan statistique, un salarié qui travaille 10 heures par semaine n'est pas un chômeur. Peut-on vivre avec si peu ? Depuis des années, le taux de chômage anglais diminue, mais dans le même temps, le taux de pauvreté augmente. Sur le plan social, cette façon de guerroyer contre le chômage fait à mon goût trop de dégâts collatéraux pour que j'en accepte la méthode.

Quant au nouveau modèle danois que libéraux et sociaux-démocrates voudraient nous désigner comme l'excellence -puisqu'il semble indispensable de comparer les réussites et les échecs européens- pourquoi ne pas lui préférer l'exemple norvégien ? Un pays où la protection de l'emploi est forte, où l'indemnisation des chômeurs est au moins égale à celle de la France, mais où le chômage est faible. Le Japon est lui aussi un exemple de taux de chômage faible malgré une protection de l'emploi évidente. Ce qui démontre, puisque cela semble utile, que la flexibilité n'est assurément pas la condition sine qua non de la lutte contre le chômage, comme l'UMP voudrait nous le faire croire et comme certains socialistes semblent l'avoir accepté un peu rapidement.

Donc, de grâce ! que les économistes de comptoir s'abstiennent, à longueur de blogs, de répéter comme des perroquets que "la mondialisation nous impose la flexibilité" ou encore que "la précarité de l'emploi, c'est celle de la vie" et autres "la France va dans le mur si elle n'admet pas pleinement les paradigmes libéraux".

Le monde est ce que l'on en fait et non le contraire. Je crois encore -et j'espère beaucoup d'hommes politiques avec moi- que l'on peut changer le monde. Je laisse s'encroûter dans un repli intellectuel coupable ceux qui estiment au contraire que la Terre est trop vaste et va trop vite pour que l'on tente d'infléchir sa course.

Et si, au final, ceux qui auront changé le monde viennent de l'hexagone, comme en 1789 où nous étions déjà -tiens tiens !- la risée de toutes les monarchies européennes, j'en serai encore plus satisfait...

mer
12
avr ' 06

Démonstration à l'italienne


La gauche italienne a donc fini par l'emporter. Romano Prodi sera le prochain Président du Conseil. Cette victoire étriquée me semble riche d'enseignements pour la gauche française :

Au premier chef, il ne faut jamais sous-estimer la force du populisme. Celui de Berlusconi est édifiant et devrait ne pas résister à une simple analyse de bon sens, mais la force du personnage emporte la grande partie de l'électorat qui vote avec ses tripes (c'est d'ailleurs pire en France dans le cadre -que je dénonce- de l'élection d'un président de la république au suffrage universel, ce qui personnalise plus encore le débat). En conséquence, tabler sur le fait que Sarkozy et son populisme de droite seront étalés au grand jour et rejetés pendant la campagne présidentielle qui s'annonce serait une erreur. Prodi a axé une grande partie de sa campagne sur le refus du système affairiste de Berlusconi par ses concitoyens transalpins. Le résultat a été mauvais, au regard de ce que l'on aurait pu attendre.

Compter sur le bilan catastrophique du gouvernement sortant ne doit pas non plus être l'axe majeur présenté aux électeurs : Berlusconi a été proprement lamentable pendant ses cinq années de pouvoir, mais cela ne l'a pas empêché d'être au bord de la victoire. Le parallèle avec la situation française est évident : Chirac présente un bilan calamiteux, mais il ne faudra pas que le parti socialiste compte sur un tel rejet pour l'emporter.

Ce qui doit nous opposer à la droite, c'est le programme. C'est pourquoi il est fondamental que le parti socialiste présente un projet de gauche et un candidat qui le soit tout autant. La social-démocratie n'a aucune chance dans une campagne contre Sarkozy. Celui-ci, saura tromper son monde et faire croire aux français qu'il est social, saura se démarquer des gouvernements Raffarin et Villepin, forcera le trait et mettra en avant l'insécurité et tout un tas de pseudo-idées qui caressent les vils instincts de l'électorat.

Non, la seule chance pour la gauche de gagner, c'est d'être de gauche. Vraiment. Le programme sera socialiste ou ne sera pas. N'est-ce pas, Monsieur Jospin ?...

sam
01
avr ' 06

Branquignolitude et charlatanage


C. a parlé à soixante millions de personnes avec comme seul objectif de ménager la susceptibilité de l'un d'entre eux, son premier (?) ministre G. de V.

Après avoir rappelé que la loi, c'est la loi, C. promulgue une loi qu'il demande aussitôt à tous de ne pas appliquer.

Après avoir souligné que le dialogue est indispensable, C. décrète que ladite loi doit être changée sur deux points précis et demande aux partenaires sociaux et au parlement d'en débattre pour en arriver à la conclusion qu'il a lui-même définie. Car tel est son bon vouloir.

S., son deuxième (?) ministre, intervient une heure après lui pour valider le discours de sa méthode.

Cher lecteur, qui l'eut cru ? Ubu est revenu. La 'pataphysique, cette science des solutions imaginaires, si chère à Alfred Jarry, connait son heure de gloire en ce printemps 2006. Le Royaume sombre définitivement dans la branquignolitude la plus totale. Le charlatanage est érigé au rang de règle de conduite, le clownisme et l'auto-ridiculation portés au pouvoir.

PS : Par respect envers les familles des personnages cités et devant le risque notoire qu'elles encourent de quolibets et moqueries en tous genres, l'auteur a souhaité masquer les véritables noms des protagonistes de cette histoire.