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ce blog est alimenté par étienne fillol (92, hauts-de-seine), sauf billets indiquant une mention contraire

sam
30
dec ' 06

Il avait les deux mains attachées quand il a été pendu


C'est la grandeur de l'homme que de placer l'Humanité au-dessus de tout sentiment personnel. C'est sa force que de préférer la justice à la vengeance. En pendant Saddam Hussein, ce porc immonde, ce tortionnaire, ce tueur en série, Bush et sa clique de fous furieux nous a rapetissés : Un petit pas pour l'homme du Texas, un grand pas en arrière pour l'Humanité.

Bien entendu, ai-je besoin de le préciser, je ne pleure pas un dictateur, mais...

A tous ces vengeurs qui se disent opposés à la peine de mort mais, pour tout un tas de bonnes raisons, trouvent l'exécution du jour acceptable, je dis : A tout le moins, élevez-vous contre la parodie de justice américaine qu'a constitué ce procès. Regrettez que Saddam n'ait été jugé « que » pour la mort de 148 personnes alors que pour des dizaines de milliers d'autres la justice vient de s'interrompre pour cause de décès. Dénoncez le fait que cette mort prématurée évitera opportunément aux puissances occidentales d'expliquer leur soutien passé au pendu du jour. Alarmez-vous de ce que le peuple irakien est aujourd'hui dans le même bourbier qu'hier soir et n'a rien gagné à la mort de son tyran.

Puisque vous ne savez pas défendre une cause, reconnaissez au moins l'inefficacité de l'exécution : A défaut d'humanisme, démontrez une capacité stratégique.

Parce qu'être contre la peine de mort, c'est l'être vraiment, c'est s'y opposer jusqu'au bout, le rester quand c'est le plus difficile, c'est la défendre quand le pendu est le plus grand des salauds.

« Il avait les deux mains attachées quand il a été pendu ». De ceci et de cela, je ne peux me satisfaire.

sam
16
dec ' 06

Racistes de tous le pays, punissez-vous


Ce qui est à la fois beau et drôle avec les cons, c'est cette mission qu'ils se sont assignée de révéler au peuple soumis des vérités cachées qui le libéreraient de l'insupportable joug du silence.

Ivan Rioufol en est[1] et le déclame tous les vendredis dans son « bloc-notes » figaresque. Semaine après semaine, il écrit glapit vocifère vomit sur ses deux obsessions : la vermine communiste et les hordes de noirs qui dénaturent notre grande et belle Gaule éternelle. Du reste, l'auteur fait en général un lien direct entre ces deux catégories, accusant la première d'imposer une omerta nationale sur les dangers de la deuxième. C'est ce qu'il appelle « briser les tabous ».

Ah ! Ça ! pour nous les briser, il nous les brise le Rioufol... aucun doute possible. Difficile de le rater : Au cas où vous ne liriez pas le Figaro, il se fait inviter de ci de là pour déverser sa haine du beur, sa rancoeur libérale[2], dans d'autres médias.

Dans sa dernière production en date, Ivan le Risible exulte. Il a réussi ! Il touche au Graal, il se vêt du Saint-Suaire, le Christ est parmi nous ! Alléluia ! Le peuple est enfin libre d'entendre ce que le Praesidium Suprême dissimule depuis des années : « Après des décennies d'opinions imposées et de slogans ânonnés, les digues du politiquement correct sont prêtes à rompre ».

Bon bien sûr, personne ne sait bien qui interdisait jusqu'ici de tenir ces propos et encore moins l'élément qui ferait qu'à présent il est possible d'en parler. Mais peu importe, Ivan l'Émétique se sent libéré d'un poids et tient à nous le faire savoir : en premier lieu, les gueux vont devoir cesser de se référer à des avantages scandaleux que n'ont pas les honnêtes patrons. Au revoir le modèle social, bye bye le droit de grève. Terminé, emballé c'est pesé, on clôt le sujet, basta, terminato, ciao a tutti.

On peut alors attaquer le deuxième sujet, le vrai, le seul qui vaille : il y a dans ce pays beaucoup trop d'immigrés non-suédois et non-danois : « Mieux : il devient possible de soutenir que l'immigration extra-européenne est un problème pour la France ». Notons ici que tous les vendredis, sans exception ou presque, Rioufol exprime son opinion plus ou moins raciste au moyen de fumeuses théories historico-économiques, mais affirme que les choses viennent de changer ce 15 décembre 2006. Et toi, sombre crétin de lecteur ignare et décérébré, tu t'es couché le 14 au soir sans te douter que pendant la nuit, un bouleversement éminentissime se produirait : au réveil, un décret serait paru qui autoriserait des éditorialistes haineux à déverser leur bile, leurs peurs sur des boucs-émissaires faciles.

Il est vrai que l'auteur possède une imagination sans limite pour désigner l'immigration : « peuplement imposé », « bouleversement ethnique », « défrancisation », « nation submergée », « cette politique (de l'immigration) qui a blessé l'âme nationale », « désastre culturel », nous pourrions remplir trois pages de ces expressions rioufolesques qui combattent la couleur de la peau, la religion ou la culture de nos voisins de paliers.

C'est du reste un point commun entre tous les néo-racistes réactionnaires, cette capacité à l'invention sémantique autour de leur thème obsessionnel : de la France « black-black-black » de Finkielkraut à la « bite des noirs » de Sevran en passant par Frêche et Dieudonné. Les mots faciles cachent des idées honteuses. Les phrases-chocs dissimulent un racisme chic. Les expressions simples cachent des concepts simplistes. Tiens, pas de hasard : Rioufol reconnaît ceux-là comme de sa famille de pensée : « Georges Frêche et Pascal Sevran en savent quelque chose, qui ont été lynchés pour avoir critiqué, l'un la composition de l'équipe de France de football, l'autre les comportements natalistes des Africains (grossièrement, il est vrai) ». Le racisme a ceci d'étonnant qu'il réunit des gens pourtant bien différents. Il se place au-dessus des autres idées en ce qu'il compte plus que tout pour ses tenants les plus féroces. Plus que l'opinion politique, plus que la religion même. Il tient à cette peur animale, irraisonnée de la différence.

L'autre point commun de ces « briseurs de tabous », c'est cet amour du passé éternel, cette peur de l'avenir inconnu, de la modernité dégradante, ce déclinisme permanent, ce « on va tous mourir » qui suinte au coin de chacune des phrases publiques.

Allez, Ivan ! A vendredi pour tordre le cou à un nouveau tabou : l'avant-centre de l'équipe de Lyon est-il bien norvégien puisqu'il est noir ?

Notes

[1] ... c'est même un de ces néo-cons assumés.

[2] En option, l'éditorialiste peut aussi vous offrir une tribune anti-palestinienne ou gentiment opposée à l'homosexualité.

mer
13
dec ' 06

Pendant les travaux, l'épicerie reste ouverte...


Après Béatrice Schönberg qui fréquente assidûment un ministre en exercice, voilà que l'hebdomadaire Bon Week dénonce Marie Drucker comme ayant une relation avec un autre ministre : Harry Potter François Baroin.

Fondamentalement, tout cela ne passionne pas les foules, mais tout de même, la question se pose : est-ce que tout les membres du gouvernement actuel couchent avec des journalistes du service public ? Espérons que non, sinon, à force de mettre ses présentatrices en réserve pendant la campagne électorale, France Télévision fera présenter les JT par Patrick Sébastien ou Cécile de Ménibus.

Alors soyons très clairs ici : Je ne suis lié en aucune manière avec Catherine Vautrin, Ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité, et Enzo n'a jamais fréquenté de près ou de loin Nelly Olin, Ministre de l’Ecologie et du Développement durable.

En conséquence, je me dois d'annoncer ici que ce blog ne se mettra pas temporairement en congé pendant la campagne présidentielle. D'autre part, j'ajoute qu'il est hors de question pour moi de séparer vie privée et vie publique : dans les deux cas, Nicolas Sarkozy y est un nain nocif et puant.

dim
10
dec ' 06

Un pître, ça ferme sa gueule ou ça se déballonne...


Comme Ésaü avait vendu son droit d'aînesse contre un plat de lentilles, Chevènement s'est mis minable tout seul en retirant sa candidature pour une poignée de circonscriptions. C'est ce que le crétin de Belfort appelle un « accord politique ». Un tel degré de pitrerie méritait bien qu'on s'y arrêtât quelques instants.

Il est vrai que Chevènement et Royal ont des points communs. Le plus important d'entre eux étant assurément qu'ils furent parmi les très rares à avoir porté plainte après un entartage. Pour le reste et sur le fond, Jean-Pierre Chevènement m'intéresse autant que la force des idées des radicaux de gauche, c'est-à-dire un peu moins que les déclarations de Roselyne Bachelot sur la culture des petits pois en Antarctique.

Ceci étant, pour que vive le NON au référendum sur le TCE, le boulevard est de plus en plus grand en faveur de l'extrême gauche. Mon goût de l'euphémisme me conduit à vous avouer que cela ne m'attriste guère.

Jean-Pierre, finalement, c'était l'un de nos derniers maux...

sam
02
dec ' 06

L'Europe par la Pieuvre ?


Jo Leinen est un eurodéputé allemand, social-démocrate. Il est en outre président de la commission des affaires constitutionnelles à Strasbourg. Accessoirement c'est un petit vicieux qui se fout de notre gueule et ça je n'aime pas. Mais pas du tout.

Non content d'avoir tenté de nous faire avaler un Traité de Constitution Européenne aux inspirations largement libérales, non content que son parti prétendument de gauche travaille tranquillement au gouvernement avec la droite allemande, voilà que cet escroc nous déverse à présent sa rancoeur à l'encontre des français et des néerlandais qui -les vilains !- n'ont pas ratifié son beau traité. Il s'est donc fendu d'un nouveau texte de huit pages intitulé -tenez vous bien !- « Les coûts de la non-constitution »[1], dans lequel il énumère les exemples de dysfonctionnements qui n'auraient jamais existé si le TCE était entré en application.

En clair, Strasbourg et Bruxelles n'ont toujours pas désarmé et continuent de vouloir faire avaler ce texte aux citoyens européens. Pour preuve la dernière phrase du torchon de Jo Leinen : « Par conséquent, le nouveau traité européen doit entrer en application au plus tard en 2009[2] » !

Le camarade Jo Leinen, accompagnant ainsi la très libérale commission bruxelloise, écrit sans rire que « les citoyens de l'Union payent le fait de ne pas pouvoir appliquer la Constitution, mais d'être confiné plutôt dans l'inapte traité de Nice. »[3] Oui, le Monsieur continue de nous expliquer que Nice c'est nul, mais que le TCE c'est bien. Rappelons ici qu'au moment du traité de Nice, lui et ses congénères nous expliquaient toujours aussi tranquillement que « Nice c'était certes un peu libéral sur les bords, mais tout de même c'était mieux que rien »...

Toujours sans rire, il nous énumère toutes les crises graves qui auraient pu être résolues, voire évitées, si l'on avait mis en application ce satané TCE. Et oui, chers électeurs néerlandais et français, par votre faute le monde est confronté à la crise du Liban, au terrorisme international, à des flux migratoires non maîtrisés, à des incendies de forêts, à l'augmentation du prix du pétrole ! Diantre, saperlipopette et sacrebleu... Il y a visiblement dans cette Europe-là de vilains citoyens qui persistent à nuire à leur propre camp. Jo Leinen se propose de les rééduquer dans les meilleurs délais. Pour ce faire, il reprend la traditionnelle rhétorique de la culpabilisation et, sans jamais envisager de changer une seule ligne du texte rejeté massivement par les français et les néerlandais, propose tout bonnement d'en reprendre le processus d'adoption !

J'attends maintenant que les députés socialistes français protestent officiellement contre cette initiative venue des rangs du PSE. J'attends aussi que la candidate du Parti Socialiste français à l'élection présidentielle prenne ses distances vis-à-vis de la position ainsi exprimée par un membre éminent du parlement européen.

Parce que, contrairement à ce que la garde rapprochée de Ségolène Royal essaie de nous faire croire, le vote de mai 2005 n'est pas derrière nous, mais bien d'une actualité brûlante tant les tentacules de l'idéologie libérale continuent de nous étouffer...

Notes

[1] « The costs of No-Constitution »

[2] « The new EU-Treaty therefore has to come into force at the latest by 2009 ».

[3] « There are a number of recent examples that clearly show the costs the European Union and the Union Citizens are paying for not having the possibility to apply the Constitution, but rather to be confined by the unfit Nice-Treaty. »