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dim
23
sep ' 07

Hortechal™, nous voilà !


Pendant que le sondo-trafiquant OpinionWay légitime, comme toujours, les actions les plus rétrogrades de ce gouvernement par une enquête, aux techniques douteuses et aux résultats pour le moins soupçonnables de partialité, qui valide un par un chaque article de la loi xénophobe sur la maîtrise de l'immigration,

Pendant que Thierry Mariani amuse la galerie en focalisant, dans les médias, le débat de l'immigration sur les tests ADN, bien aidé en cela, il est vrai, par certains membres du Parti Socialiste qui préfèrent se polariser sur ce point précis plutôt que reconnaître publiquement qu'ils approuvent les grandes lignes de la politique mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy et Brice Hortepen[1],

Pendant qu'un évêque prie Saint-Brice et, dans la plus pure tradition pétainiste de l'église, dénonce sans la moindre vergogne des indigents à la force publique, pour préserver l'indispensable tranquillité de ses paroissiens,

Pendant que le gouvernement, non content de traquer sans répit les sans-papiers et d'organiser des rafles qui, en plus de déshonorer la France, ont déjà fait plusieurs victimes en quelques semaines[2]...

Pendant ce temps-là , la France continue de vivre au rythme de la névrose obsessionnelle de la droite, obnubilée par une invasion étrangère qui mettrait à mal tout ce qui fait que le blanc est blanc, et regarde en silence son Assemblée Nationale légiférer pour la quatrième fois en cinq ans sur ce sujet. Dans ce débat, deux éléments pourtant inquiétantissimes semblent avoir été délaissés par la ribambelle d'amuseurs publics presse :



Devant des députés médusés, Brice Hortepen™, ci-devant ministraillon expulso-compulsif incurable, a en toute tranquillité déclaré vouloir modifier la constitution pour permettre des quotas d'immigration en fonction des besoins économiques, mais aussi... de la nationalité des demandeurs[3]. Avec ça ma p'tite dame ? Vous me mettrez deux kilos de sénégalais et une livre de beurs, quelques pieds d'ukrainiens et une pointe de vietnamiens. Je vous l'emballe ? Non c'est pour expulser tout de suite[4]...



Et puis, au détour de cette loi anti-immigration déjà inique, l'air de rien, il y a cet amendement 55, adopté aux premières lueurs du petit matin[5] par une poignée d'élus épuisés, malgré la lutte pour l'honneur de quelques irréductibles, fiers mais sans illusion[6].

Cet amendement modifie la loi « Informatique et Liberté » pour autoriser l'enregistrement de statistiques ethniques. Sous le célèbre, autant que fallacieux, argument selon lequel « pour lutter contre les discriminations, il faut pouvoir les mesurer », ce gouvernement, qui se fout éperdument de discriminer ou pas, s'offre ainsi le droit compter ces hordes d'africains qui nuisent à l'identité nationale telle qu'on la conçoit dans la capitale des Avernes : blanche, gallo-romaine, chrétienne et éternelle.



Entendons-nous, le débat sur les statistiques liées aux discriminations est souhaitable. Je ne suis personnellement pas favorable à la discrimination positive, mais je conçois que, de bonne foi, on puisse la vouloir. Le débat est de toute façon légitime sans qu'on ait à hurler au scandale. Mais que le fichage de données ethniques découle d'une absence de débat, au détour d'un texte de loi sur l'immigration est inacceptable : Eut-ce été dans le cadre d'une loi de lutte contre les discriminations, le débat aurait été normal. Mais tout au bout d'un texte de loi sur la « maîtrise de l'immigration », les intentions n'en sont que trop claires. La honte qui d'abat sur le pays vient du gouvernement, avec la triste caution de la CNIL et la complicité nauséabonde du CRAN et d'autres associations communautaristes.

Alors, me direz-vous, à la fin de cette semaine parlementaire où le droit des Hommes a encore reculé, nous voilà vidés, encore une fois bernés par une majorité xéno-craintive et une opposition xéno-indifférente.

La France de 2007, c'est une propagande bien contrôlée, des boucs-émissaires, des rafles, une population fichée en fonction de critères ethniques, des hommes qui ne valent que par leur numéro, la promotion incessante de l'ordre.

Cela vous rappelle quelque chose ?



France, réveille-toi !

Notes

[1] Entendez le beau Valls en pleine assemblée déclamer : « Personne ici ne soutient le principe de la régularisation massive ! ».

[2] La dernière en date est cette chinoise qui s'est défenestrée pour échapper -comme le petit Ivan- aux forces de police. Il est vrai que la police sarkozyste nous avait déjà habitués à des arrestations de sans-papiers au beau milieu des distributions de soupe populaire.

[3] « Médusés » : pour définir l'état de la gauche à l'Assemblée, j'ai préféré ce terme, par peur d'imaginer que l'opposition puisse, par un silence volontaire, cautionner ce concept nauséabond.

[4] « Le Gouvernement envisage d'ouvrir une réflexion sur une modification constitutionnelle, afin de mener à bien la transformation de la politique française de l'immigration. Dans le respect des engagements internationaux de la France et des principes fondamentaux de la République, il s'agirait de s'interroger sur la définition de plafonds chiffrés d'immigration, à caractère normatif, afin de parvenir à une maîtrise globale de l'immigration et d'atteindre un équilibre entre les composantes économique et familiale, ainsi qu'entre les grandes régions d'origine. » © Brice Hortepen™, 18-sep-2007.

[5] ... l'heure des rafles policières contre les clandestins.

[6] Il est utile de citer et saluer ici, en particulier : Noël Mamère (Verts), Patrick Braouzec (PCF), George Pau-Langevin et Serge Blisko (PS).

mer
19
sep ' 07

Avec Montebourg tout est possible, fors l'honneur


Le 13 juillet dernier, Arnaud Montebourg prenait une décision ferme et définitive. Au micro de RTL, il lançait urbi et orbi[1] « Je ne vais plus au bureau national depuis plusieurs semaines. Cela ne sert à rien. C'est un espace congelé où tout le monde perd son temps. Je n'y siégerai plus jusqu'au prochain congrès. »

Or, cher lecteur, arrête moi si je fais erreur, mais d'après mes informations, le congrès du parti socialiste ne se serait pas encore tenu. D'où mon étonnement de trouver ledit Montebourg dans la liste des présents au bureau national du 11 septembre dernier...

Décidément, quel homme d'honneur ! Étranglé par ses propres principes cet homme là ! D'une ligne de conduite rectiligne et exemplaire. Cochon qui s'en dédit, honni soit qui mal y pense, alea jacta est et tutti quanti. On ne m'y reprendra plus : ce qui est dit est dit, foi de Montebourg.

Tiens ! c'est bien simple, ça me rappelle cette fois où il avait déclaré vouloir boycotter les émissions de divertissement qui abaissent la fonction politique. C'était grand ça. A l'époque, ça m'avait bien plu. Bon d'accord, quelques semaines plus tard il ré-enfilait les émissions de ce type à tire-larigot, mais bon... il faut le comprendre aussi : il est un peu oublieux, le pauvre. Par exemple, le jour où il a déclaré sa flamme à Ségolène Royal, il a même oublié qu'il en avait dit pis que pendre la veille au soir.

Oh mais que vois-je ? Au cours du dernier Bureau National, une intervention de l'ectoplasme Montebourg ? Fichtre ! Le bougre parle beaucoup pour un absent... Je cite donc : « Arnaud Montebourg alerte sur le possible procès en lâcheté qui pourra être intenté aux socialistes sur une position stricte des défenses des acquis. » Formidable ! Heureusement que cet ancien tenant de la gauche du PS a fait le voyage jusqu'à Solférino pour nous faire part de son avis sur les retraites, qui rejoint élégamment celui de Sarkozy.

Tiens, c'est simple, vous savez à qui me fait penser cet élu de Bourgogne ? A son voisin de circonscription qui a traversé tout l'échiquier politique au cours de sa carrière : Jean-Pierre Soisson. Sauf que Montebourg est encore plus fort : ce que l'un a fait en une vie, l'autre réussit à le faire en quelques heures.

A l'époque, personne ne l'avait compris ainsi, mais « La Machine à Trahir » était en réalité le titre de son autobiographie. Sous-titre original : « ou l'art du ridicule ».

Notes

[1] J'adopte moi aussi la posture papiste, nouveau visage de la rénovation au PS, pour un socialisme moderne du XXIème siècle : il est vrai que j'ai des prédispositions, parlant, comme Ségolène, le catholique couramment.

sam
15
sep ' 07

La vérité, c'est que le test a des haines


Les médias ont trouvé leur nouvel os à ronger. Notez qu'ils n'ont pas eu à le chercher bien loin. Comme toujours le gouvernement impose le sujet du jour : en l'occurrence, les tests ADN destinés à prouver la filiation pour les enfants d'immigrés qui veulent rejoindre leur parents en France.

Mais la vérité, c'est qu'imposer aux immigrés ce qu'on ne fait pas aux bons français, c'est affligeant.

La vérité, c'est qu'en l'espèce le gouvernement, qui patauge lamentablement dans ce domaine sur le terrain, nous invente un nouveau dérivatif médiatique en désignant les immigrés comme présumés coupables : chacun d'eux ferait venir des dizaines de personnes qui ne seraient pas ses enfants ! Et bien entendu, de même que dans le cas des chômeurs qui sont réputés fraudeurs et doivent prouver leur bonne foi, ces tests ADN sont destinés à vérifier que l'étranger n'est pas un menteur : drôle de conception du droit que ce laconique « prouve que tu es innocent »[1].

La vérité, c'est que prouver une filiation par l'ADN, c'est interdire l'adoption et c'est interdire l'adultère !

La vérité c'est que les pays qui devraient mettre en oeuvre ces tests en sont, pour les plus pauvres d'entre eux, techniquement incapables.

Mais au fond, les principes de cette annonce (encore) tapageuse, n'ont aucun intérêt. Car le but de la manoeuvre, comme toujours avec Sarkozy et ses ministres serviteurs valets carpettes, c'est celui de la traditionnelle stratégie lepeniste : attiser les peurs. Des hordes de faux enfants entreraient en France via des immigrés fraudeurs. Tout le monde sait que c'est faux mais peu importe : pendant que nous discutons tous des principes moraux autour de la génétique, le « vrai » message passe que le gouvernement essaie d'endiguer la marée humaine venue d'Afrique.

Or la vérité, c'est que les procédures de regroupement familial impliquant des enfants concernant 23.000 demandes par an, c'est-à-dire quasiment rien !

Et la vérité, c'est que la commission des lois de l'Assemblée a adopté -en plus du seul dont on parle- un certain nombre d'amendements qui durcissent plus encore la logique déjà xéno-craintive du projet de loi que Brice Hortepen™ portera[2] le 18 septembre prochain[3].

Parler de l'ADN, c'est ne pas parler du texte législatif dans son ensemble, qui est une insulte à l'intelligence humaine et à l'histoire de France.

Notes

[1] Dans la même logique, un autre amendement du même député, Thierry Mariani, soupçonne par défaut les bénéficiaires de l'aide au retour volontaire d'être eux aussi des escrocs et prévoit également la biométrie pour les en empêcher de frauder.

[2] Pour lequel, comme un symbole, le Gouvernement « a déclaré l'urgence » à l'Assemblée.

[3] Comme un autre symbole, c'est ce même jour que le TGI d'Evry envisagera la demande d'expulsion des sans-papiers de l'église Saint-Paul de Massy, demandée par le vil évêque du lieu.

lun
10
sep ' 07

L'humaniste et le démocrate


Il est de ces nouvelles qui ont le chic pour pour vous faire honte d'habiter le pays qui est le vôtre.

Hier, c'était Sarkozy qui exprimait au roi du Maroc, Mohammed VI, son « admiration pour la vigueur démocratique dont a fait preuve » le Maroc après les élections législatives qu'il qualifie de « processus électoral transparent ». C'est à peine croyable quand on sait d'une part que 63% des marocains se sont abstenus lors de ce scrutin et d'autre part que les élections dans ce pays sont une véritable mascarade, tant leurs résultats n'influent jamais en rien sur le fait que le pouvoir revient de toute façon au roi, quel que soit le premier ministre nommé.

Un roi omnipotent, un premier ministre fantôme. Cela vous rappelle quelque chose ? Le SΔrkΘhstan™ peut-être ? Vous avez raison et il vous faut voir dans l'hommage de Sarkozy au Roi du Maroc le miroir des institutions telles que les conçoit notre président : un système ou le pouvoir personnel prend le pas sur la volonté du peuple.

Ce matin, c'était au tour de la très catholique, très apostolique et romaine Église de France de se distinguer par l'expression d'un amour immodéré envers son prochain : Monseigneur Michel Dubost, ci-devant Évêque d'Evry, voisin de Manuel Valls et sans doute grand admirateur de Brice Hortepen™, a demandé officiellement à la justice de faire évacuer les sans-papiers qui occupent depuis quatre mois l'Église Saint-Paul de Massy (Essonne)[1]. Dans un grand élan d'humanisme, il a lancé à l'adresse des clandestins : « La communauté chrétienne souhaite majoritairement votre départ. Beaucoup de voisins sont excédés »[2]. Je vous laisse le temps de relire cette dernière phrase qui émane, je vous le rappelle, d'un homme qui célèbre tous les dimanches la gloire de Jésus-Christ.

Je ne sais pas vous, mais il est des personnages qui agissent sur moi comme un émétique. Dans ce rôle, je vous présente un président et un évêque[3].

Notes

[1] Pour signer la pétition en faveur des sans-papiers de Massy, rendez-vous ici : http://sans.pap.en.lutte.free.fr. Pour visiter le site des sans-papiers en lutte : http://sanspapiersenlutte.blogspot.com

[2] Voir pourtant à ce sujet l'article de 20 minutes en avril dernier, qui décrivait cette "occupation" comme générant particulièrement peu de nuisances !

[3] Pour ceux qui veulent boire le vin de messe jusqu'à la lie (de l'humanité), lisez donc la lettre que l'évêque d'Evry a adressée ce jour au collectif des sans-papiers de Massy.

jeu
06
sep ' 07

On jugera les fous et les irrévérencieux


A présent, nous savons en quoi consiste l'action du gouvernement dans un régime autocratique tel que celui du SΔrkΘhstan™. Ces quatre premiers mois, tout le monde se regardait en chien de défaillance, interloqué, commentant à qui-mieux-mieux l'omniprésence médiatique d'un président épileptique, constatant l'inutilité de ministres-potiches (à commencer par celle du premier d'entre eux, l'homme à la mèche de côté, celui qui a autant de fierté personnelle qu'une huitre d'Arcachon prise dans des filets dérivants).

Mais depuis une semaine ou deux, les choses sont claires, elles se sont décantées : Les ministres ne gouvernent pas conformément à l'article 20 de la Constitution, le premier d'entre eux ne conduit pas la politique de la Nation conformément à l'article 21 de cette même Constitution (que le Président bafoue tous les jours malgré l'article 5 qui en fait le garant). Non ! Individuellement et collectivement, les ministres de la république en sont réduits à former une police d'état de la pensée, gardienne de l'image et du respect dus au Guide Suprême de la Sarkolution.

Tétanisés à l'idée de déplaire au Guide, anesthésiés par l'agitation frénétique du Faubourg Saint-Honoré, les ministres membres des Brigades de Surveillance de la Droiture Morale tancent, rappellent à l'ordre, admonestent, fustigent, convoquent ceux qui dévieraient de la ligne officielle.

C'était, il y a quelques jours, Rachida Dati, remarquable élément de la meute, qui convoquait dans son bureau un magistrat dont les propos en audience auraient été contraires aux volontés du Guide Suprême.

C'est aujourd'hui la très droitière Christine Albanel, ci-devant ministre de la culture (très peu) et de la communication (beaucoup), qui sermonne vertement dans un courrier officiel un directeur de théâtre subventionné, auteur d'un éditorial jugé contraire aux intérêts du Maître. Dans cette pitoyable missive, les termes utilisés sont à la fois anecdotiques tant l'auteur y fait montre d'un caractère de carpette -pour ne pas dire plus- mais au fond très graves et symptomatiques de l'ère autocratique et de culte de la personnalité dans laquelle nous sommes entrés : « Un théâtre (...) financé par l'Etat (...) doit à son public le respect des choix et des opinions démocratiquement exprimés. » En clair : l'artiste en France doit se conformer à la majorité et au pouvoir élu ! Avec un telle conception de l'art, autant instaurer officiellement un régime à la Pinochet, les choses seront plus claires pour tout le monde et les dissidents connaitront leur vraie place.

Alors bien sûr, j'entends d'ici les apôtres du sarkozisme -de la première heure ou convaincus par l'ébahissement dans lequel ils se laissent entrainer- contester l'emploi de grands mots qui font référence aux heures les plus sombres des dictatures de la planète, objecter que décrire un monde orwellien n'est qu'un effet de manche de plus de la part d'un opposant systématique. Certes, on peut concevoir ce billet ainsi. Mais on peut aussi constater froidement tous ces petits signes qui, depuis plusieurs semaines, dévoilent la vision du monde d'un gouvernement dont le discernement ne semble pas être la plus grande qualité. Cher lecteur, si 1984 ne heurte pas tes neurones, laisse toi bercer par la dernière sortie de Fillon, chef de la Milice, la bave au coin des lèvres, les yeux exorbités : « on va mettre des caméras partout ! ». A présent, le vois-tu cet oeil qui te suit ?

Au SΔrkΘhstan™, la Police de la Pensée veille, la Police de la Parole sanctionne et les Brigades de Surveillance de la Droiture Morale martèlent jour après jour le respect qui est du par chacun au Guide Suprême de la Sarkolution. On y jugera les fous et les irrévérencieux.