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lun
24
dec ' 07

Ultramarins ultra-cathos : z'aiment pas les makoumés


L'homme dit : « Je suis un élu chrétien, et par définition je suis contre le mariage homosexuel. C'est clair. » Oui, je crois que c'est très clair. Difficile de faire plus explicite même.

Toutefois, afin que tout soit limpide, l'homme ajoute : « Dans la Bible, Dieu dit que [l'hommosexualité] est une abomination ».

Puis : «Si tout le monde se met à faire la même chose, tout le monde deviendra makoumé (ndlA : « pédé ») et plus personne ne fera d'enfants. Mais comment la population martiniquaise va se reproduire ? Moi, j'ai un problème là !»

Oui moi aussi, j'ai un problème là : Ces propos émanent de Raymond Occolier, élu socialiste de Martinique[1]. Une partie de ce discours est consultable dans une vidéo en ligne (le festival commence vers la troisième minute) : Non seulement ces mots sont explicitement homophobes mais encore portent-ils la marque d'un mépris manifeste de la laïcité. Et cela fait un peu beaucoup à mes yeux. La « pensée » de ce Monsieur est manifestement christine-boutino-compatible : la bible en bandoulière, la réflexion politique est menée par Dieu avant la république. Il n'y a plus ni gauche ni droite, il y a la loi divine avant tout. L'anti-républicanisme par essence même, le contraire de l'idéologie socialiste.

Les plus grands défenseurs de l'élu antillais feront remarquer que l'intéressé se « contente » en réalité d'être opposé au mariage homosexuel. Soit. Mais l'utilisation du terme « makoumé » trahit son auteur : un filet de bave coule manifestement au coin de ses lèvres quand il parle des homosexuels. C'est difficile à entendre, mais cela l'est plus encore quand il s'agit d'un homme qui se prétend de gauche.

Aussi, le 14 décembre dernier, le chasseur de makoumés a-t-il comparu devant la commission nationale des conflits du Parti socialiste. Il était temps ! Voici des années que cet individu répand ses propos homophobes dans les médias. Et encore n'était-il pas seul devant le juge suprême des socialistes : Marlène Lanoix, première secrétaire fédérale du PS en Martinique, qui partage avec Occolier cette vision catholico-traditionaliste de faire de la politique[2], l'accompagnait[3].

Résultat de l'audience ? Un blâme.

Oui, un blâme. Un simple blâme. Des élus tiennent de façon répétée des propos absolument contraires à toute l'idéologie du Parti et on leur inflige un simple blâme. Les mots me manquent pour qualifier une telle (absence de) décision.

Pourtant il y a deux ans, ce même parti socialiste dénonçait avec justesse l'homophobie du député UMP Vanneste par ces mots : « Le Parti Socialiste constate avec consternation que ce député conserve le soutien de son parti politique, l’UMP. »

Je constate moi, avec tout autant de consternation, que Raymond Occolier[4] et ses amis homophobes conservent le soutien de leur parti politique... qui est aussi le mien.

Avec Ségolène Royal, on connaissait la gauche qui est centriste. Avec Manuel Valls, on connaissait la gauche qui est de droite. Certains élus du PS antillais ont eux inventé la gauche qui est d'extrême droite.

Le Parti lui, continue de ne trancher de rien.

Notes

[1] Maire du Vauclin et Conseiller Régional.

[2] Elle a notamment dénoncé le mariage homosexuel comme « une dérive de société ».

[3] Pour une raison qui m'échappe, Jules Otto, premier fédéral socialiste en Guadeloupe, qui lui aussi s'est spécialisé dans la chasse à la pédale, le pourfendage de tapettes et la dénonciation de tantouzes, était exempt de convocation devant la commission des conflits.

[4] Il a été le candidat officiel du PS lors des élections législatives de juin 2007.

jeu
20
dec ' 07

De nos jours la précarité peut toucher n'importe qui...



... Voyez ce pauvre Jean-Paul Bolufer : en quelques heures, il a perdu son emploi (très bien rémunéré) et son logement (très bien ristourné), le tout sur fond d'ignoble chasse à l'homme, sans fondement, ni justice.

La société répressive s'abat sur un pauvre hère.

Un pur scandale.

Une honte nationale.

Tiens c'est bien simple, Bolufer me rappelle Dreyfus : Une dénonciation calomnieuse, une fouille des poubelles du bureau et la machine judiciaire qui s'emballe. Cayenne... casser des cailloux... et les rats dans la prison insalubre.

Quand je pense qu'une bande d'africains sans ressource va récupérer les mètres carrés de ce pauvre Bolufer, bon chrétien parmi les chrétiens, j'en suis écoeuré... Lui qui militait si bien avec une brochette de réactionnaires ultra-catholiques...

Tiens bon, Bolufer. Le peuple est avec toi... Enfin... planque toi quand même, des fois qu'un de ces salauds qui usurpent les logements sociaux de notre belle France -et que tu as si bien dénoncés- te fasse la peau au détour d'une ruelle sombre.

On ne sait jamais. Le Pauvre est si vil de nos jours.

mar
11
dec ' 07

(Démocratie,) fariboles, balivernes, billevesées, coquecigrues, calembredaines (et droits de l'homme)


AFP, 15h04 : Les députés de l'opposition, Socialistes et Verts, ont quitté aujourd'hui l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, au début du débat sur l'Europe, pour protester contre la venue du colonel Kadhafi en France et son invitation au Palais-Bourbon.

AFP, 17h18 : Le président Vladimir Poutine a envoyé au président du Sénat français Christian Poncelet un message de remerciement en réponse aux félicitations adressées après la victoire de "Russie Unie" aux législatives du 2 décembre, indique le Kremlin dans un communiqué.

Il semble, à la lumière de ces deux dépêches, que les parlementaires français ne soient pas tous dotés de la même quantité de morale.

Elysée, 17h50 : Vous allez m'emmerder encore longtemps avec ces histoires de démocratie et autres fumisteries droitdelhommistes ?

ven
07
dec ' 07

Bianco et DSK : la tête et les jambes





Quand Jean-Louis Bianco[1] se contente de penser, Dominique Strauss-Kahn[2] agit.

Le premier théorise dans Marianne : « Besancenot, "c'est faut qu'on, y a qu'à". Il tient un discours facile : refuser les licenciements, augmenter tous les salaires, etc. C'est sympathique, mais ce n'est pas une position responsable. ».

Non, mais c'est vrai, quoi ! Quelle irresponsabilité de fustiger les licenciements. DSK lui au moins modernise : à peine installé au FMI : 400 gugusses qui prennent la porte.

Aux grands hommes (du libéralisme), la patrie reconnaissante.



Notes

[1] A ne pas confondre avec le vrai Martini qui, lui est "rosso".

[2] A ne pas confondre avec Levi-Strauss qui pensait, un peu comme Bianco, sauf que lui n'était pas ridicule.

mer
05
dec ' 07

Collisiocratie


« Brice Hortefeux [...] a appris avec émotion la tragique collision qui est survenue au large de Mayotte, dans la nuit, entre une vedette de la police aux frontières et une embarcation 'kwassa kwassa'[1] emportant des personnes en situation irrégulière, en provenance des Comores. »

Ainsi débute le communiqué officiel du « Ministère des Noirs-et-des-Arabes-Dehors » en date du 4 décembre 2007.

N'est-il pas symptomatique que ce soit le Ministre de l'Immigration qui se charge du communiqué au sein d'un gouvernement où pourtant un ministre des Affaires Etangères me semblerait plus adapté pour commenter la mort tragique d'étrangers sur un territoire français ? Car au vrai, ces comoriens n'ont pas même eu le temps d'être des sans-papiers, puisque morts avant même d'avoir touché terre. Mais ce gouvernement de miliciens juge déjà le clandestin avant même de voir l'homme. Toute occasion de déverser sa haine de l'autre est bonne à prendre.

Et Hortepen™ de conclure : « Plus que jamais, le Gouvernement est résolu à lutter contre les filières qui exploitent la misère des migrants clandestins en les précipitant sur des embarcations incertaines, au risque de leur vie. »

Sauf qu'un léger détail donne à cette phrase un aspect frelatée, le goût rance de la bile qu'on déverse pour soulager sa détestation de l'étranger : en fait de « drame de l'immigration clandestine », il se trouve que ces braves noirs ont été un tout petit peu percutés par une vedette de police. Léger détail, disais-je. Le métropolitian que je suis imagine assez aisément que la mer qui entoure Mayotte ne ressemble pas exactement au tunnel de Fourvière un vendredi soir de juillet. Le parisien que je reste imagine mal un trafic péripheresque dans cette zone du monde. D'où je déduis que la vedette de police en question n'a pas du se trouver là par un malheureux hasard. Et pourtant le Ministre expulso-compulsif « de la France-Blanche-et-Éternelle », avant toute enquête, dédouanne déjà les uniformes par une subtile pirouette où il est démontré que les clandestins traversent DE TOUTE FAÇON « au péril de leur vie ». Pour un peu, il nous assommerait d'un fatal : « C'était leur destin ». Fin de l'histoire.

Oui mais non. Car avant de se résoudre à continuer la lutte acharnée contre les clandestins, comme le clame Hortepen™, il convient que notre pays se résolve à cesser les méthodes de traque qui conduisent à ce que des ukrainiens et des chinois se défenestrent en plein Paris ou des comoriens se noient dans l'Océan Indien.

Aussi, dois-je à mon tour me fendre d'un communiqué : « Plus que jamais, nous devons restés résolus à lutter contre un gouvernement qui exploitent les plus vils instincts des électeurs en les précipitant vers des idées lepenistes incertaines, au risque de notre démocratie, de notre humanité et de notre état d'hommes debouts. »

Mais... j'y pense... pardonnez ce dernier mot : Ne trouvez-vous pas que le nombre de collisions impliquant la police est en forte hausse ces temps-ci ? Je ne sais pas vous, mais Mamoudzou me rappelle étrangement Villiers-le-Bel. Point commun pour ces deux cas, le gouvernement s'élève immédiatement pour accuser, qui la « voyoucratie », qui la « clandestinocratie ».

L'actualité bégaye tristement parfois.

Notes

[1] Vois, ami lecteur, comme ce ministre est proche des peuples du monde entier. Vois comme il manie avec dextérité le language vernaculaire de cette horde de nègres... pour mieux souligner à quel point ces gens là ne sont pas comme nous.