Déontologue distingué
Par Etienne FILLOL, mercredi 23 avril 2008 à 12:47 :: médias
11 avril 2008, Jean-Pierre Elkabach, dans une interview à la Croix, s'en prend à Internet : « Une information lancée sur le Net peut être reprise par tous les médias hexagonaux, voire internationaux. À l'ère de l'immédiateté, de l'apparence, de la dictature de l'émotion, la contagion est générale. Il faut bien comprendre que cette mécanique emporte tout le système médiatique, et, avec lui, l'indispensable respect de la vie privée, de la dignité, de l'intimité. Le système est empoisonné par des sites qui, pour exister, pour faire un coup, pour nuire à un adversaire, lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vérifiées. La tentation est grande pour des sites de taper fort afin de se faire entendre. »
Pour lutter contre cette dérive, il annonce la création d'un comité d'éthique à Europe 1.
21 avril 2008, Jean-Pierre Elkabach impose à sa rédaction, celle d'Europe 1, d'annoncer la mort de Pascal Sevran, malgré les réticences de cette dernière devant l'invérifiabilité des sources qui s'avèreront quelques minutes plus tard frelatées.
Je reprends doucement et calmement une phrase que je viens à peine de te livrer, cher lecteur :
Elkabach
annonce
la
création
d'un
comité
d'éthique.
(Applaudissements s'il vous plaît)
(rires)
(fin des rires, un peu de charité humaine, que diable !)
C'est à cet instant qu'il me revient en mémoire qu'Europe 1 est dirigé par l'ineffable Elkabach et se trouve être la propriété du fils Lagardère.
C'est alors qu'il me souvient que le "fils-de" se trouve également être le frère auto-proclamé du Guide Suprême de la Sarkolution™ .
C'est alors qu'il convient de se souvenir qu'Alain Genestar a été viré il y a quelques mois de Paris Match par le même Lagardère pour avoir sorti une information qui n'avait pas eu l'heur de plaire à Monsieur Sarkozy, crime parmi les crimes.
Oh! je te rassure, cher lecteur qui t'inquiètes pour la place d'Elkabach : il ne lui arrivera rien, absolument rien. Dans n'importe quel pays du monde, Le fautif aurait trois minutes pour faire ses valises et quitter le média qui l'emploie, en demandant au peuple de lui épargner une trop grande souffrance au moment de sa lapidation en place publique... Mais dans notre beau SΔrkΘhstan™, que nenni ! Un journaliste bidonnant et pris les mains dans le pot de confiture n'est qu'un journaliste parmi d'autres... quand il ne donne pas en plus des cours de déontologie à la terre entière comme Elkabach quelques jours à peine avant son exploit.
Car au SΔrkΘhstan™, la déontologie d'un journaliste ne se mesure pas à l'aune de sa droiture morale ou son professionnalisme mais au degré de révérence envers le Président de la République.
Reconnaissons donc ensemble qu'Elkabach ne peut être qu'être déclaré déontologue distingué.
(fermez le ban)
