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jeu
29
nov ' 07

L'hypnose Pour les Nuls




Sarkozy appelle Bouteflika : énorme scoop.

Énorme scoop à la télévision française, curieusement passé inaperçu : Sarkozy détaille un entretien téléphonique qu'il a eu avec Bouteflika, le grand démocrate algérien : « Je lui ai dit que je combattrais de toutes mes forces l'antisémitisme, l'islamophobie et toute forme de racisme ».

Dire qu'il nous annonce qu'Hortefeux est viré et qu'aucun média ne réagit. Dingue, non ?

Sarkozy aime les flics : énorme foutage de gueule.

Après nous avoir fourni un très beau catalogue des faits divers de ces derniers mois[1], Sarkozy analyse finement la sécurité dans les banlieues : « L'immense majorité des habitants des quartiers ne se plaignent pas qu'il y a trop de police, ils se plaignent qu'il n'y en a pas assez »

Ah oui ! Mais le type qui l'a supprimée, la police de proximité en question, c'est l'hypnotiseur lui-même quand il était ministre de l'intérieur.

Sarkozy passe son Brevet des Collèges en économie : énorme fou rire dans la salle

« J'ai vu que le parti socialiste, avec beaucoup de sens de l'humour, prévoit un paquet de dépenses supplémentaires sans prévoir aucune recette en face... et dans le même temps me dit que je ne vais pas assez vite pour réduire les déficits. »

Rappelons que le type qui nous sort sans sourciller cette assommante vérité est celui qui a offert plusieurs milliards de cadeaux fiscaux à ses amis les plus fortunés, sans prévoir bien entendu la moindre « recette en face »[2].

Et à présent, l'ami, observe bien le graphique ci-dessous, qui n'est autre que l'évolution de la dette publique en France :



Tu vois le pic là, tout en haut en droite ? C'est le moment précis où un dénommé « Sarkozy » était ministre de l'économie. N'est-ce pas là plaisante remarque, cher lecteur ?

Et tu vois la légère baisse dans la courbe bleue ? Cela correspond très exactement à la période 1997-2002 où la gauche était au gouvernement. N'est-ce pas là aussi drôlissime, l'ami ?

Si fait. Fermez le ban. Vous pouvez vous rendormir jusqu'à la prochaine communication du Guide Suprême de la Sarkolution™ .

Notes

[1] Avec de gros morceaux de vérité à l'intérieur : perte d'un oeil pour l'un, heure précise du viol pour l'autre, position GPS du braquage de bijouterie, etc.

[2] concept économique pour le moins douteux, soit dit en passant.

dim
25
nov ' 07

Décidément, au SΔrkΘhstan™ la nausée abonde


C'est l'AFP qui nous l'annonce ce soir : « La ministre française de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé aujourd'hui à Rome que la France est prête à accueillir des chrétiens d'Irak, lors d'une réception à l'ambassade de France auprès du Saint-Siège en l'honneur du nouveau cardinal André Vingt-Trois. »

Déjà, apprendre qu'un ministre de la république s'envoie du champagne et des petits fours à la gloire de la cardinalisation d'un quidam dont la république devrait n'avoir que faire, je ne vous cache pas que ça a tendance à me hérisser légèrement le poil sur l'épiderme : Mais dans notre république (pourtant) laïque, le Ministre des Cultes se croit visiblement investi d'une mission de promotion de la religion. Loin de veiller à la séparation de l'Église et de l'État, MAM préfère s'attaquer à la loi de 1905 et s'afficher avec tous les religieux de l'hexagone. Jusques à Rome où notre ministre a donc cru bon d'aller rendre hommage à André Vingt-Trois (je-pose-cinq-et-je-retiens-deux.)

Ensuite, découvrir que le droit d'asile français ne s'appuierait plus sur les frontières des pays mais sur les communautés religieuses, voilà qui ne peut que nous étonner. A quand un droit d'asile basé sur la couleur de peau ? Il est vrai que depuis quelques jours nous savons; grâce à Alex Türk, sénateur UMP et président de la CNIL, que les statistiques ethniques voulues par Brice Hortepen™ sont en réalité une avancée pour la recherche médicale : « En matière dermatologique, par exemple, c’est important de savoir si la personne est noire ou blanche, tout le monde sait que les peaux ne réagissent pas de la même manière… » déclare t-il sans rire. Incroyable mais vrai. Et nous qui craignions pour les droits de l'homme... alors que la CNIL et ses amis ne voulaient que le bonheur des hommes à la peau sensible. Quand je pense qu'une bande de khmers rouges guevaristes, dont je suis, accuse Hortepen™ de traquer les clandestins alors que ce bienfaiteur ne veut que leur bien en leur évitant tout risque de mélanome... Ce gouvernement est décidément mal compris.

Mais revenons à notre brave MAM, ci-devant Ministre des Chrétiens, des Pitbulls, des Caméras, des Tasers et autres Tonfas : comment expliquer une telle compassion pour des irakiens alors que d'autres errent depuis des mois et des mois dans notre pays, sans qu'elle juge bon de les sécuriser, ni les accueillir dignement le moins du monde. Serait-ce la religion qui ferait la différence ? Pourquoi tant d'amour pour des irakiens lointains quand d'autres si proches[1] ne lui inspirent qu'indifférence ? Ne me dites pas que ce serait une histoire théologique, tout de même ? Ne me dites pas que le fait que les seconds soient musulmans, contrairement aux premiers, serait un critère ?...

Ah ! Et puis tiens puisqu'on en est à parler du droit d'asile, comment diable expliquer que le nombre de réfugiés ait tant baissé en France ces dernières années ? Notre ministre en vadrouille au Vatican aurait-elle oublié ce léger détail en nous parlant d'accueillir de bons chrétiens (quoique) irakiens pour nous faire croire à son bon coeur ? Non, mais il est clair que le don de prestidigitation du Guide Suprême de la Sarkolution™ a fait des émules au sein du gouvernement.

Dites, vous ne sentez pas comme une légère odeur fétide dans le coin ?

Notes

[1] Selon un site gratuit d'itinéraire sur Internet, la distance entre Notre-Dame de Paris et l'église Saint-Martin de Sangatte est de 280 km, temps de parcours 3h05, coût : 47€30.

lun
29
oct ' 07

Putains de moldaves


De toute l'Europe, la Moldavie est ce qu'on trouve de plus pauvre. Là-bas, on vous fait le SMIC à moins de trente euros et le PIB à moins que rien. Économie rase-bitume, option post-soviétisme, tendance Bengladesh. Du coup, le citoyen moldave a une très légère inclination au départ. Au vrai, il se barre dès qu'il le peut, le moldave. Même la Pologne des jumeaux gruyk-gruyk le fait rêver, c'est dire. Quant à la Roumanie ou l'Ukraine, ce sont de vrais eldorados à ses yeux. Résultat, sur les quinze dernières années, un quart de la population a déjà plié les gaules.

Il faut dire aussi qu'en matière de libertés individuelles, le régime de Chişinău n'est pas sur une ligne scrupuleusement rigoriste. Question Droits de l'Homme, ce n'est pas précisément l'orthodoxie qui prédomine non plus. Idem pour la liberté de la presse qu'on peut difficilement qualifier de priorité nationale.

Bref, par la force des choses, le moldave en est devenu voyageur. Parfois oublieux, il lui arrive de rouler jusqu'à Paris. Erreur !

Kyrin, né le 26 septembre dernier, fils de sans-papiers moldaves sous le coup d'un arrêté d'expulsion, est âgé d'à-peine trois semaines quand il est placé en centre de rétention administrative. Par chance, une cour d'appel qui passe par là fait cesser cette invraisemblable situation en déclarant qu'une telle pratique « constitue un traitement inhumain au sens de la Convention Européenne des Droits de l'Homme ». Rien que cela ! Mais jusqu'au jugement, cela ne semblait guère effrayer ce brave préfet du Loiret, prêt à tous les sacrifices de moldaves pour tenir ses engagements chiffrés devant son bon maître Brice Hortepen™.

Qu'il en profite : cet imbécile de Président de la République Moldave est en train d'opérer un très dangereux rapprochement avec l'Union Européenne qui pourrait obliger l'administration préfectorale française à devoir se rabattre sur des enfants d'autres nationalités pour faire du chiffre.

Que les juges s'en mêlent, c'est déjà agaçant, mais si l'Union Européenne sabote le boulot, alors là c'est le pompon.

mer
24
oct ' 07

Salauds de juges


En juin 2006, Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, écrivait au président du tribunal pour enfants de Bobigny : « Comment expliquer à cette femme handicapée de 56 ans, brûlée vive à Sevran parce qu’elle ne pouvait s’extraire de son bus incendié par trois mineurs de 16 ans, que ceux-ci ont été laissés en liberté par votre tribunal à l’issue de leur interpellation par la police ? ». Inlassable opportuniste du malheur des autres, instrumentalisant systématiquement la page des faits divers, Sarkozy fustigeait ainsi le laxisme de la justice pour mieux vendre son thème favori : la suppression de l'excuse de minorité.

C'était il y a seize mois. Et c'était un gros mensonge, un de plus, car les jeunes en question étaient en détention depuis plusieurs mois au moment où le ministre de la police écrivait ces lignes.

C'était aussi une insulte à la séparation des pouvoirs et une incursion flagrante de l'exécutif dans le judiciaire.

Surtout, il s'agissait là d'une grande claque à la présomption d'innocence. N'hésitez pas à relire la phrase que je reproduis plus haut : Un ministre de la République y exprime explicitement la culpabilité de jeunes gens qu'il semble connaître personnellement. Pour être aussi affirmatif, il fallait au moins qu'il fut lui-même le témoin oculaire de la scène.

Et ce soir la dépêche est tombée : «Les deux jeunes gens accusés d'avoir participé à l'incendie d'un bus à Sevran en 2005, dans lequel une femme handicapée avait été grièvement brûlée, ont été acquittés aujourd'hui par la cour d'assises des mineurs de Seine-Saint-Denis.»

Ma question est donc simple : Monsieur Sarkozy, allez-vous écrire aux acquittés pour les prier de bien vouloir excuser les propos indignes que vous avez tenus l'an dernier ? A moins bien entendu que vous ne choisissiez d'écrire au président de la cour d'assise de Seine-Saint-Denis pour dénoncer un verdict scandaleux ?

sam
13
oct ' 07

Alliot-Marie ou la transe cybérienne


Dans un entretien au journal le Monde, la Ministre de l'Intérieur a ses mots : « La vidéosurveillance est une nécessité face au terrorisme, et un atout contre l'insécurité. Je veux la développer. Je compte donc tripler le nombre de caméras en moins de trois ans, d'ici à fin 2009, sur la France entière. »[1]

Après avoir du lutter tout l'été contre les nacelles fugueuses des Luna Park de Saint-Germain-en-Laye, puis en septembre contre le strabisme de chiens qui confondaient bras des ch'tit' nenfants et baballe-au-médor, la voilà qui a enfin trouvé un sujet à sa hauteur : surveiller le manant au moyen d'iris électroniques installés à tous les coins de rue.



Seulement voilà. Les faits sont têtus. Et dans leurs délires orwelliens, Alliot-Marie et ses amis oublient un très léger détail. Oh! trois fois rien, une broutille, une peccadille, un pas-grand'chose, une carabistouille sans conséquence : La vidéo-surveillance n'a absolument aucun effet sur la sécurité. Avouez qu'il était à peine utile de le relever tant ce détail était insignifiant...

La vérité, c'est que la droite affirme gratuitement que « les caméras ça marche ». Gratuitement et en se gardant bien de s'appuyer sur des chiffres. Et pour cause. Populiste invétéré, le gouvernement Sarkozy/Fillon profite d'un malheureux mort italien dans le métro parisien pour jurer qu'avec des caméras, ce ne se serait pas passé comme ça, que là ou la vidéo-surveillance règne, la délinquance recule. La preuve ? MAM nous invite à regarder ce qui se passe à Londres, capitale mondiale de la surveillance[2] avec des dizaines de milliers de caméras installées. Obéissant comme vous me connaissez, je suis donc allé sur le site de l'Evening Standard (qui n'est pas exactement un journal subversif) pour y lire la démonstration de l'effet parfaitement nul de la vidéo-surveillance sur les chiffres de la délinquance : Les Libéraux Démocrates (qui ne forment pas à proprement parler un parti marxo-guevariste) a exigé et obtenu de l'Assemblée Londonienne la réalité des chiffres. Résultat : 4 des 5 quartiers les plus équipés en caméras ont un taux d'élucidation inférieur à la moyenne ! D'une manière générale, sur l'ensemble des quartiers et malgré les 200 millions de livres dépensés, pas le moindre lien entre vidéo-surveillance et élucidation, y compris dans les quartiers où le nombre de caméras est proche de zéro.

Vous me direz que si l'installation de caméras n'a pas de conséquence sur l'élucidation des crimes, peut-être a-t-elle un effet dissuasif sur la délinquance elle-même ? Le problème c'est qu'à Londres, la criminalité n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Décidément, les chiffres n'arrangent pas les tenants de la surveillance rapprochée.

Alors, bien entendu, notre MAM nationale a son deuxième couteau en poche : la vidéo-surveillance serait l'arme fatale contre le terrorisme. Ben voyons ! Depuis des années, Blair a vendu la sur-sécurité à ses compatriotes sur ce thème. Bush avait fait de même depuis 2001. Sarkozy nous a joué la même partition au moment de ses lois liberticides sur la sécurité intérieure en 2003. Et alors? Toujours les mêmes risques terroristes et toujours les mêmes attentats. Et vous savez le plus « drôle » ? La première caméra au Royaume-Uni a été installée en 1972. Sous quel motif ? Le risque terroriste de l'IRA ! Comme quoi, la démagogie facile n'a ni âge ni frontière.

L'homme est par essence même partagé entre le besoin de liberté individuelle et l'intérêt collectif qu'impose la vie en société et qui prend la forme de lois ou de notions sécuritaires. Il est frappant de voir que les libéraux, si prompts à défendre la circulation sans entrave des capitaux et des marchandises ou fustiger les lois qui « pèseraient » sur les français, adoptent l'attitude exactement inverse à l'égard des hommes : frein systématique à l'immigration et surveillance toujours plus poussée des faits et gestes des citoyens. La droite a trouvé son slogan : liberté pour l'argent, contrôle pour les autres.

A ceux qui trouvent abusif que je fasse référence à une société orwellienne, je recommande qu'ils cessent de se voiler la face : Dans 1984, les citoyens se faisaient rappeler à l'ordre par les caméras ? Ces matériels parlants existent déjà et ont été installés dans plusieurs villes d'Angleterre. Pire encore, là où le citoyen a l'impression d'une surveillance anonyme, les recherches en matière de « photométrie stéréo » progressent à grand pas et permettent l'identification faciale : on ne surveille plus une foule mais chaque citoyen. Sans parler que, comme dans « Minority Report », il existe des logiciels d'analyse du comportement qui prétendent détecter automatiquement les attitudes suspectes et anticiper certains évènements.

Alors au final, la seule question qui vaille, c'est de savoir si nous sommes prêts à abandonner nos libertés individuelles sans pour autant améliorer notre sécurité collective.

En attendant, il ne nous reste plus qu'à potasser notre novlangue.

Notes

[1] Le triplement des caméras a déjà eu lieu : ce sont celles qui suivent avidement et servilement Sarkozy dans le moindre de ses déplacements.

[2] On estime qu'un londonien est en moyenne filmé trois cents fois par jour.

dim
23
sep ' 07

Hortechal™, nous voilà !


Pendant que le sondo-trafiquant OpinionWay légitime, comme toujours, les actions les plus rétrogrades de ce gouvernement par une enquête, aux techniques douteuses et aux résultats pour le moins soupçonnables de partialité, qui valide un par un chaque article de la loi xénophobe sur la maîtrise de l'immigration,

Pendant que Thierry Mariani amuse la galerie en focalisant, dans les médias, le débat de l'immigration sur les tests ADN, bien aidé en cela, il est vrai, par certains membres du Parti Socialiste qui préfèrent se polariser sur ce point précis plutôt que reconnaître publiquement qu'ils approuvent les grandes lignes de la politique mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy et Brice Hortepen[1],

Pendant qu'un évêque prie Saint-Brice et, dans la plus pure tradition pétainiste de l'église, dénonce sans la moindre vergogne des indigents à la force publique, pour préserver l'indispensable tranquillité de ses paroissiens,

Pendant que le gouvernement, non content de traquer sans répit les sans-papiers et d'organiser des rafles qui, en plus de déshonorer la France, ont déjà fait plusieurs victimes en quelques semaines[2]...

Pendant ce temps-là , la France continue de vivre au rythme de la névrose obsessionnelle de la droite, obnubilée par une invasion étrangère qui mettrait à mal tout ce qui fait que le blanc est blanc, et regarde en silence son Assemblée Nationale légiférer pour la quatrième fois en cinq ans sur ce sujet. Dans ce débat, deux éléments pourtant inquiétantissimes semblent avoir été délaissés par la ribambelle d'amuseurs publics presse :



Devant des députés médusés, Brice Hortepen™, ci-devant ministraillon expulso-compulsif incurable, a en toute tranquillité déclaré vouloir modifier la constitution pour permettre des quotas d'immigration en fonction des besoins économiques, mais aussi... de la nationalité des demandeurs[3]. Avec ça ma p'tite dame ? Vous me mettrez deux kilos de sénégalais et une livre de beurs, quelques pieds d'ukrainiens et une pointe de vietnamiens. Je vous l'emballe ? Non c'est pour expulser tout de suite[4]...



Et puis, au détour de cette loi anti-immigration déjà inique, l'air de rien, il y a cet amendement 55, adopté aux premières lueurs du petit matin[5] par une poignée d'élus épuisés, malgré la lutte pour l'honneur de quelques irréductibles, fiers mais sans illusion[6].

Cet amendement modifie la loi « Informatique et Liberté » pour autoriser l'enregistrement de statistiques ethniques. Sous le célèbre, autant que fallacieux, argument selon lequel « pour lutter contre les discriminations, il faut pouvoir les mesurer », ce gouvernement, qui se fout éperdument de discriminer ou pas, s'offre ainsi le droit compter ces hordes d'africains qui nuisent à l'identité nationale telle qu'on la conçoit dans la capitale des Avernes : blanche, gallo-romaine, chrétienne et éternelle.



Entendons-nous, le débat sur les statistiques liées aux discriminations est souhaitable. Je ne suis personnellement pas favorable à la discrimination positive, mais je conçois que, de bonne foi, on puisse la vouloir. Le débat est de toute façon légitime sans qu'on ait à hurler au scandale. Mais que le fichage de données ethniques découle d'une absence de débat, au détour d'un texte de loi sur l'immigration est inacceptable : Eut-ce été dans le cadre d'une loi de lutte contre les discriminations, le débat aurait été normal. Mais tout au bout d'un texte de loi sur la « maîtrise de l'immigration », les intentions n'en sont que trop claires. La honte qui d'abat sur le pays vient du gouvernement, avec la triste caution de la CNIL et la complicité nauséabonde du CRAN et d'autres associations communautaristes.

Alors, me direz-vous, à la fin de cette semaine parlementaire où le droit des Hommes a encore reculé, nous voilà vidés, encore une fois bernés par une majorité xéno-craintive et une opposition xéno-indifférente.

La France de 2007, c'est une propagande bien contrôlée, des boucs-émissaires, des rafles, une population fichée en fonction de critères ethniques, des hommes qui ne valent que par leur numéro, la promotion incessante de l'ordre.

Cela vous rappelle quelque chose ?



France, réveille-toi !

Notes

[1] Entendez le beau Valls en pleine assemblée déclamer : « Personne ici ne soutient le principe de la régularisation massive ! ».

[2] La dernière en date est cette chinoise qui s'est défenestrée pour échapper -comme le petit Ivan- aux forces de police. Il est vrai que la police sarkozyste nous avait déjà habitués à des arrestations de sans-papiers au beau milieu des distributions de soupe populaire.

[3] « Médusés » : pour définir l'état de la gauche à l'Assemblée, j'ai préféré ce terme, par peur d'imaginer que l'opposition puisse, par un silence volontaire, cautionner ce concept nauséabond.

[4] « Le Gouvernement envisage d'ouvrir une réflexion sur une modification constitutionnelle, afin de mener à bien la transformation de la politique française de l'immigration. Dans le respect des engagements internationaux de la France et des principes fondamentaux de la République, il s'agirait de s'interroger sur la définition de plafonds chiffrés d'immigration, à caractère normatif, afin de parvenir à une maîtrise globale de l'immigration et d'atteindre un équilibre entre les composantes économique et familiale, ainsi qu'entre les grandes régions d'origine. » © Brice Hortepen™, 18-sep-2007.

[5] ... l'heure des rafles policières contre les clandestins.

[6] Il est utile de citer et saluer ici, en particulier : Noël Mamère (Verts), Patrick Braouzec (PCF), George Pau-Langevin et Serge Blisko (PS).

jeu
06
sep ' 07

On jugera les fous et les irrévérencieux


A présent, nous savons en quoi consiste l'action du gouvernement dans un régime autocratique tel que celui du SΔrkΘhstan™. Ces quatre premiers mois, tout le monde se regardait en chien de défaillance, interloqué, commentant à qui-mieux-mieux l'omniprésence médiatique d'un président épileptique, constatant l'inutilité de ministres-potiches (à commencer par celle du premier d'entre eux, l'homme à la mèche de côté, celui qui a autant de fierté personnelle qu'une huitre d'Arcachon prise dans des filets dérivants).

Mais depuis une semaine ou deux, les choses sont claires, elles se sont décantées : Les ministres ne gouvernent pas conformément à l'article 20 de la Constitution, le premier d'entre eux ne conduit pas la politique de la Nation conformément à l'article 21 de cette même Constitution (que le Président bafoue tous les jours malgré l'article 5 qui en fait le garant). Non ! Individuellement et collectivement, les ministres de la république en sont réduits à former une police d'état de la pensée, gardienne de l'image et du respect dus au Guide Suprême de la Sarkolution.

Tétanisés à l'idée de déplaire au Guide, anesthésiés par l'agitation frénétique du Faubourg Saint-Honoré, les ministres membres des Brigades de Surveillance de la Droiture Morale tancent, rappellent à l'ordre, admonestent, fustigent, convoquent ceux qui dévieraient de la ligne officielle.

C'était, il y a quelques jours, Rachida Dati, remarquable élément de la meute, qui convoquait dans son bureau un magistrat dont les propos en audience auraient été contraires aux volontés du Guide Suprême.

C'est aujourd'hui la très droitière Christine Albanel, ci-devant ministre de la culture (très peu) et de la communication (beaucoup), qui sermonne vertement dans un courrier officiel un directeur de théâtre subventionné, auteur d'un éditorial jugé contraire aux intérêts du Maître. Dans cette pitoyable missive, les termes utilisés sont à la fois anecdotiques tant l'auteur y fait montre d'un caractère de carpette -pour ne pas dire plus- mais au fond très graves et symptomatiques de l'ère autocratique et de culte de la personnalité dans laquelle nous sommes entrés : « Un théâtre (...) financé par l'Etat (...) doit à son public le respect des choix et des opinions démocratiquement exprimés. » En clair : l'artiste en France doit se conformer à la majorité et au pouvoir élu ! Avec un telle conception de l'art, autant instaurer officiellement un régime à la Pinochet, les choses seront plus claires pour tout le monde et les dissidents connaitront leur vraie place.

Alors bien sûr, j'entends d'ici les apôtres du sarkozisme -de la première heure ou convaincus par l'ébahissement dans lequel ils se laissent entrainer- contester l'emploi de grands mots qui font référence aux heures les plus sombres des dictatures de la planète, objecter que décrire un monde orwellien n'est qu'un effet de manche de plus de la part d'un opposant systématique. Certes, on peut concevoir ce billet ainsi. Mais on peut aussi constater froidement tous ces petits signes qui, depuis plusieurs semaines, dévoilent la vision du monde d'un gouvernement dont le discernement ne semble pas être la plus grande qualité. Cher lecteur, si 1984 ne heurte pas tes neurones, laisse toi bercer par la dernière sortie de Fillon, chef de la Milice, la bave au coin des lèvres, les yeux exorbités : « on va mettre des caméras partout ! ». A présent, le vois-tu cet oeil qui te suit ?

Au SΔrkΘhstan™, la Police de la Pensée veille, la Police de la Parole sanctionne et les Brigades de Surveillance de la Droiture Morale martèlent jour après jour le respect qui est du par chacun au Guide Suprême de la Sarkolution. On y jugera les fous et les irrévérencieux.

dim
15
juil ' 07

Правда ou la nausée


Quand je pense que certains s'inquiètent du vendredi 13...



... mais que dire du samedi 14 ? Hier, le sarko-show absolu que nous avons du subir, relayé à qui-mieux-mieux par des médias aux ordres, m'a donné la nausée. Depuis le matin et jusqu'au soir, l'AFP a crépité toutes les demi-heures d'informations concernant l'élyséen. Les télévisions et les radios, béâts d'admiration, n'ont pas arrêté un instant de s'extasier devant le « 14 juillet de rupture » du nouveau PréZydent™.

Polnareff n'est venu chanter à Paris que par la grâce infinie du Guide Suprême de la Sarkolution™. Le bon PréZydent™ qui veut le bonheur de son peuple se félicite de la météo clémente sur France 2. Quelques minutes plus tard sur M6, il aime la musique populaire et les courses cyclistes.

En ce 14 juillet, Sarkozy a tout changé : la preuve ? Sarkozy a innové pendant le défilé en descendant de la voiture de commandement pour aller serrer des mains. Sarkozy a également fait paradé vingt-sept délégations d'armées européennes[1]. Sarkozy a dit qu'il ne mettrait pas de cravate le soir au concert de Polnareff[2]. Sarkozy a dit publiquement qu'il trouvait sa femme très belle. Sarkozy a invité des handicapés à la garden party. Il n'a fait venir que 5.000 personnes sur la pelouse au lieu de 9.000 habituellement. Sarkozy a rompu avec la traditionnelle interview du 14 juillet. Sarkozy a annoncé qu'il suivrait une étape du tour de France mardi prochain. Sarkozy a déjeuné avec DSK. La famille Sarkozy emménagera à l'Elysée en septembre et partira en vacances à l'étranger.

Ouf ! Je m'interromps ici, la nausée me reprend. Le Guide Suprême est partout et nulle part. Je veux dire qu'il occupe l'espace, tout l'espace. Sans agir. Toujours en campagne, il promet, promet encore. Promet le bonheur, promet un 14 juillet 2008 plus beau encore. Il est toujours dans le lendemain, le présent n'existe déjà plus. Chaque jour, une action. Ne jamais quitter un instant le fil AFP. Parler de soi, toujours de soi. Parler pour exister.

Cet homme est en apesanteur. Il peut dire et faire tout ce qu'il veut sans qu'aucun esprit critique ne vienne publiquement dénoncer l'énormité des ficelles communicationnelles de l'Elysée. Les médias sont anesthésiés[3], l'opposition tétanisée.



Autocratie et culte de la personnalité sont les deux nouvelles mamelles du SΔrkΘhstan™, auxquelles s'abreuvent goulument nos radios et nos télévisions. Les meilleurs soviétologues vous diront que même la Pravda (Правда) de la grande époque n'aurait pas osé en faire autant sans y insérer un bémol, même subliminal.

Notes

[1] La vraie rupture aurait été de rendre la fête nationale au peuple, en célébrant la république et non la guerre ! Continuer de faire de cette journée la célébration des militaires ne me semble pas exactement novateur.

[2] encore un mensonge : il en avait bien une...

[3] état hélas! particulièrement traditionnel en France.

sam
14
juil ' 07

Madame est servie


Jeudi dernier, le Guide Suprême de la Sarkolution™ a remis à Sophie Devedjian, femme de l'autre, l'insigne de Chevalier de l'ordre de la légion d'honneur.

Rappelons que cette distinction récompense officiellement « les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation. »



J'ai beau chercher, je ne parviens pas à trouver d'autre mérite à la femme du plus célèbre occidentaliste du pays que celui de respirer l'oxygène français, voire éventuellement de faire ses courses dans des supermarchés nationaux, ce qui doit de loin contribuer à la croissance du PIB. Au mieux peut-on imaginer qu'elle possède un véhicule de marque hexagonale, dans lequel elle promènerait ses quatre rejetons ? Quoiqu'il en soit, je doute que sa simple fonction de directrice de cabinet du maire d'Antony[1] ait pu conduire le PréZydent™ à distinguer l'épouse de Patrick-le-pourfendeur- d'élues-rhodaniennes -aux-moeurs-douteuses.

Bienvenue donc dans la république des copains.

« Rupture tranquille », qu'ils disaient. Très tranquille alors. Tellement tranquille qu'on doit pouvoir, sans crainte de se tromper, appeler cela « continuité dans le clientélisme chiraquien ».

Notes

[1] qui n'a d'autre but que permettre à Patrick-le-pourfendeur-de-communistes de garder la (sous-)main officieuse sur « sa » ville des Hauts-de-Seine, en plus de ses fonctions de député, de président du Conseil Général 92 et de secrétaire général de l'UMP.

jeu
21
juin ' 07

Le Guide Suprême de la Sarkolution


Le Guide Suprême de la Sarkolution™ a fait pleuvoir hier sur le bon peuple du SΔrkΘhstan™ la parole impériale de Sa Seigneurerie. Respectivement princesse et prince du « sluuuurp lingual », Claire Sarkzal et Sarktrick Poivre de Sarkvor ont assisté le Maître dans cette œuvre de salubrité publique.



« Mon Prince, pardonnez par avance l'audace de ma question... mais comment faites-vous pour être aussi beau ? »



« Votre Grandeur m'absoudra-t-elle si j'ose l'interroger sur les conditions de réussite du meilleur programme de gouvernement que l'on ait vu depuis celui de Balladur ? »



« Son altesse sérénissime est-elle d'accord pour dire avec moi que la gauche est une bande d'attardés mentaux, doublés de terroristes, traitres à la cause que défend Votre Puissance Friedmanissime et qu'il conviendra d'emprisonner le moment venu dans les geôles impériales du SΔrkΘhstan™ ? »



« Ô mon Tsar, je n'irai pas par quatre chemins, mon métier de journaliste lingual me pousse à vous poser la question sans ambage : quel est donc ce moteur qui pousse une intelligence fulgurante telle que la vôtre à se mettre au service du peuple de manière aussi désintéressée ? »



« Ô, Bouddha Éternel, vous avez une poussière sur votre couronne, laissez-moi la lustrer encore. »

Le mois prochain, même horaire, même lieu, même prestation d'illusionniste. Seuls les deux assistants du Mandrake de l'Elysée changeront : David Pujsarkas et Sarklette Chabot prendront le relais. Mais que les sΔrkΘhstanaises et les sΔrkΘhstanais se rassurent : ces deux là sont au moins aussi professionnels que le couple d'hier soir. Vous embrasserez mon bon ami Copé quand vous le verrez. Avec la langue si possible.

Ainsi parlait le Guide Suprême de la Sarkolution™, en l’an I.

sam
09
juin ' 07

Courir plus pour pipeauter plus


A Heiligendamm, jeudi dernier, Nicolas Sarkozy a conversé avec Vladimir Poutine[1] dans un entretien bilatéral que le président français a ensuite lui-même décrit ainsi : « C'était franc, puisque nous avons évoqué tous les sujets : la Tchétchénie, la journaliste Anna Politkovskaïa assassinée en 2006, les droits de l'Homme, les droits des homosexuels ». Dans cette simple phrase, tout Sarkozy est ainsi résumé : Le mouvement, toujours le mouvement. Bouger pour faire croire à l'action. Courir pour simuler la nouveauté. Changer le style pour laisser penser à une politique novatrice. Ici, en quelques mots et en creux, Sarkozy le prestidigitateur laisse imaginer deux concepts forts : 1°) il serait le premier à oser parler des sujets qui fâchent à l'étranger. 2°) Il innoverait en matière d'affaires extérieures par un style franc et direct.

Mais au vrai, dites moi, est-il plus facile de parler en 2007 des homosexuels à Poutine ou, comme l'avait fait Mitterrand en 1984 dans l'URSS de Tchernenko, de défendre publiquement le dissident Andreï Sakharov ? Est-il plus simple de prononcer le mot Politkovskaïa devant un Poutine amusé ou d'envoyer Bush se faire foutre avec sa guerre en Irak en plein ONU ? Alors, Sarkozy, le premier qui oserait ? Quelle escroquerie ! Quant au style direct, permettez-moi de pouffer de rire : quel intérêt a la franchise si le courage en est absent ? En l'espèce, ce courage n'aurait pas du consister en une simple « évocation » des problèmes, mais en l'affirmation publique que la guerre en Tchétchénie est inacceptable ou en la dénonciation affirmée des pratiques dictatoriales de son interlocuteur vis-à-vis de la presse ou de l'opposition.

Las! Sarkozy n'est en réalité qu'un défenseur des droits de l'homme en chambre, un zorro en carton-pâte qui va combattre des dragons imaginaires avec une épée en bois, avant de revenir en riant à la cuisine déguster un Kiri® et un verre de jus de pomme. Alors il regarde sa mère qui lui sourit et il se prend à croire qu'il est de Gaulle, David Vincent ou un héros de chez Marvel. On aurait dit que j'aurais été le plus fort et que je serais devenu maître du monde...

Clic-clac pour la photo. C'est dans la boite ? Gardez un peu de batterie et direction Brégançon pour la course à pied télévisée du week-end.

Car dans cet épisode comme dans tous les autres, passés et à venir, l'objectif sarkozyen n'est pas la résolution des problèmes eux-mêmes mais la façon dont les médias relateront le fait qu'il s'en occupe activement. Être vu, toujours être vu, courir vite, toujours, mais un peu sous la limite des 25 images/seconde, pour ne pas manquer l'ouverture du JT.

Voyez ainsi comme il a martelé son volontarisme dans l'affaire Bétancourt, au point de faire penser que la libération de cet otage était devenu la priorité absolue de la France. Dès le 6 mai, une heure à peine après son élection, dans son premier discours, il affirmait, larmoyant, que « la France n'abandonnerait pas Ingrid Bétancourt ». Tout le monde s'en réjouit, mais dans les affaires d'otages, l'histoire a montré qu'il n'était jamais sain de multiplier les communications officielles et de donner le détail des tractations avec les ravisseurs. Avec Sarkozy, tout se fait devant des micros et des caméras et peu importe si cela nuit (gravement) à l'efficacité de la démarche : qu'il reçoive les enfants Bétancourt, la presse sait ce qui s'est dit; qu'il téléphone au président colombien Uribe[2] et l'on connaît les conversations par le menu; que le susnommé Uribe ordonne une libération par la force des otages et Paris s'y oppose très officiellement.

Pourtant, répétons le, médiatiser les opérations de kidnapping est une stratégie très risquée. Sarkozy en joue, la surjoue : il y a donc lieu de s'en inquiéter. Pour les otages bien entendu, mais aussi parce que cela rappelle étrangement une autre libération d'otages survenue -par le plus grand des hasards- en pleine campagne électorale. C'était au Liban. C'était en 1988. C'était déjà la droite.

Le 6 mai dernier, Sarkozy promettait la libération d'Ingrid Bétancourt. Un mois plus tard, la seule libération qui soit survenue, c'est celle de Rodrigo Granda, « éminent » membre des FARC. Quelle réussite ! Sarkozy, c'est l'homme qui prétend vouloir emprisonner les petites frappes de la Seine-Saint-Denis, mais fait libérer un homme qui a des hectolitres de sang sur les mains. Peu lui importe puisque cela conduit à sa gloire personnelle. Il se moque des trois mille otages aujourd'hui aux mains des FARC[3] si la seule qui sera visible depuis Paris est libérée : toujours l'angle de la lumière plutôt que celui de l'efficacité. Toujours l'angle de la victime plutôt que celui de la politique.

Courir plus pour pipeauter plus.

Notes

[1] Влади́мир Пу́тин pour les intimes.

[2] ... l'ultra-libéral aux ordres de Bush, lui-même modèle de Sarkozy.

[3] ... dont il faut rappeler ici qu'ils ne sont qu'une bande de trafiquants de drogue, de bandits de grand chemin, sans aucune revendication politique : leur seul objectif est d'obtenir une zone de non-droit pour faire leurs petites affaires de gangsters.